Pieds nus, elle passe devant lui pour qu'il puisse la regarder marcher. Elle sait qu'il est derrière elle quand elle se baisse et que se devine la naissance de ses cuisses. Le vent cingle leur visage et si lui a les mains dans ses poches, elle essaye de se protéger du froid comme elle le peut. Ils se baladent tous les deux sur la plage mais où est la mer ? Que font-ils là ? La promenade a-t-elle une chance d'aboutir à autre chose qu'à un bon rhume ? Les personnages de Hong-Sang soo, incapables d'attraper leur vie, ne savent plus quoi faire dès qu'on leur donne la chance d'être à deux. A trois, il y en a toujours un de trop mais on peut encore se cacher un peu. A deux il faut que quelque chose se passe ; il faut y aller. C'est à ce moment là, quand il suffit de faire un pas en direction de l'autre, que tout se glace. On va alors faire un tour sur la plage parce qu'il paraît que c'est le genre de chose que l'on fait dans ces cas là ; quand il faut séduire. Elle se sent obligée de se pencher devant lui pour lui montrer ses jambes ; lui n'entreprend pas grand chose mais se laisse faire, baisse les yeux et regarde. Un couple sur une plage est la promesse d'une romance de cinéma ; une scène plus belle qu'elle serait dans la vie ; un moment d'explosion. Chez Hong-Sang soo il ne s'y trouve qu'angoisse et retenue. Tous les deux dans ce décor pourtant désert étouffent et ne font qu'y chercher une porte de sortie. Une femme sur une plage et un homme derrière elle serrent les dents et attendent que ça se termine. Autour d’eux ne se fait même pas entendre le bruit des vagues. Il n’y a rien.
Crédit Photo : Snjezana Josipovic

























